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← articles plus anciens 03 juin 2013 les séries tv inspirent les universités la musique au cœur « treme », une des réflexions proposées lors du colloque à nantes © hbo, 2013 les fictions télévisées fascinent de plus en plus les universités françaises. dernière illustration de cet engouement, le campus de nantes accueillait, la semaine dernière, un colloque sur la musique des séries. le premier du genre. dans l’amphithéâtre, ce 30 mai, une trentaine de personnes ont fait le déplacement pour assister aux conférences. et le programme est chargé : une étude de la bande originale de twin peaks , une réflexion sur la musique au cœur de treme , un focus sur lost , ou encore, plus originale, une analyse de buffy contre les vampires . « apporter de la réflexion, là où on ne l’attend pas » , confirme dans son discours d’ouverture jean-marie lardic, professeur de philosophie. une initiative qui séduit gaëlle, étudiante en lettres modernes. « avec ce type d’approche, on sort du cadre. et c’est plutôt bien » , sourit-elle. gaspard, lui, est en cursus d’histoire. il avoue s’être déplacé par « curiosité intellectuelle » , tout simplement. mais dans la salle, tous ne fréquentent pas les bancs de la fac nantaise. alice, étudiante en musicologie à la sorbonne, est arrivée de paris. elle ne voulait manquer sous aucun prétexte ces deux journées de réflexions. « l’université est un lieu de découvertes scientifiques. on doit encourager les recherches dans ce nouveau champ d’études » , estime-t-elle. la série télévisée, longtemps « sous-genre » du cinéma philippe le guern, professeur en sciences de l’information-communication et co-organisateur de la rencontre, regrette le manque d’ouverture en france : « on a tendance à penser que la série n’est pas un objet très sérieux, contrairement aux pays anglophones. » un constat partagé par solveig serre, musicologue et chargée de recherche au cnrs : « la série a longtemps été ignorée des travaux universitaires, car considérée comme un sous-genre par rapport à la fiction cinématographique. » en 2002, un colloque a ouvert la voie : les séries télévisées , dirigé par les écrivains anne roche et martin winckler à cerisy-la-salle (manche). des fictions aussi variées que dallas , ally mcbeal , les soprano , ou encore x-files , y étaient à l’honneur. depuis, les recherches consacrées au genre sont en essor dans l’hexagone et contribuent progressivement à sa légitimation. au colloque de nantes, barbara dupont, assistante à l’institut des hautes études des communication sociales, ne boude pas son plaisir : « c’est tellement rare de parler de séries dans les pays francophones, que je me suis empressée de répondre à l’appel des organisateurs. » venue de bruxelles, elle s’est penchée sur la série musicale glee , et notamment sur son principe d’identification auprès du public adolescent. intervenant suivant, jean-pierre esquenazi, professeur à l’université lyon 3, multiplie les références. sur le générique « iconique » de la sitcom friends , à propos des musiques de la série the wire – toujours « diégétiques » –, ou encore, sur le fond sonore de battlestar galactica . des réflexions appuyées d’extraits d’épisodes qui parlent autant aux experts, qu’aux inconditionnels de ces séries. universitaires et « fans » depuis avril 2012, les presses universitaires de france (puf) ont investi le créneau. une collection uniquement dédiée au genre a été lancée. une dizaine de titres ont déjà été publiés, parmi lesquels desperate housewives , cold case , ou encore 24 heures chrono . « la collection répond à une demande forte. les livres sont écrits par des sociologues, des historiens, ou des psychanalystes, et toujours avec un regard bienveillant. car les auteurs sont avant tout des fans » , précise caroline psyroukis, attachée de presse aux puf. pour le compositeur de musique jérôme rossi, co-organisateur du colloque à nantes, l’intérêt croissant des universités pour ces fictions trouve différentes explications. il pointe notamment : « le succès populaire des séries américaines », « la politique de qualité de la chaîne câblée hbo » , « le renouveau des productions françaises » , ou encore, « la volonté de plus en plus affichée, en france, d’imiter le modèle américain. » toutefois, si les journées d’études se sont effectivement multipliées ces dernières années – les pièges des nouvelles séries télévisées américaines : mécanismes narratifs et idéologiques en 2009 (université du havre), les séries télévisées américaines contemporaines : entre la fiction, les faits et le réel en 2011 (université paris-diderot), ou plus récemment, qu’est-ce qu’une tv de qualité ? (université paris 3) –, philippe le guern tient à modérer l’ampleur du phénomène : « on est loin du raz-de-marée. la route est encore longue. et l’ouverture viendra des étudiants. » publié dans actualité , culture visuelle , télévision | marqué avec colloque , friends , glee , les soprano , lost , nantes , puf , série tv , the wire , treme , twin peaks , université , x-files | commentaires fermés sur les séries tv inspirent les universités 26 mai 2013 à nantes, un commissariat s’est transformé en atelier de couture les locaux de l’atelier sont prêtés par la ville de nantes © romain baro, 2013 « on peut être issu des quartiers et devenir entrepreneur. » les nantaises farida et yasmina abid dirigent un atelier de confection textile au cœur de bellevue, un quartier sensible que la ville souhaite réhabiliter. lire : à nantes, une épicerie accueille un projet d’insertion sociale sur la place principale de bellevue, la place mendès france, l’enseigne de leur atelier solidaire s’affiche en lettres flambant neuves : des femmes en fil . le mois dernier, les deux sœurs abid ont achevé de transformer l’ancien commissariat de police. désormais, le silence des bureaux vacants a laissé place aux bruits des machines à coudre et des coups de ciseaux. et farida a rodé sa formule : « c’était la maison des poulets, maintenant c’est celle des poules ! » pour les habitants du quartier, c’est un nouveau service de proximité qui s’ouvre. et pour les six salariées, c’est une chance de s’insérer ou de se réinsérer professionnellement. car depuis 2009, les deux sœurs proposent aux femmes un accompagnement social et individuel. « ici, les problèmes ne sont pas laissés au vestiaire . notre objectif est de les aider à retrouver une autonomie financière et personnelle. », explique farida. et la galère, la styliste de 39 ans s’en souvient : « j’ai grandi dans les quartiers nord de nantes, à sensive. quand je me suis retrouvée au rsa avec mes deux filles, j’ai dû me battre contre le système pour obtenir un agent d’insertion. » « de l’exemplarité et du féminin sur la place » alors aujourd’hui, les nantaises s’emploient à transmettre l’amour du travail, plutôt que la peur de l’échec. « faire des retouches dans de bonnes conditions, ça change tout. j’ai appris à aimer mon métier, à nouveau » , témoigne delphine. topaze, elle, a terminé ses études de stylisme modéliste. c’est sa première expérience professionnelle. en contrat depuis trois mois, elle n’a pas vraiment l’impression de travailler dans un atelier d’insertion. un sentiment qu’elle partage avec asiye, 48 ans : « ici, c’est une petite famille. » cet environnement de confiance, farida et yasmina y tiennent. il encourage les couturières à monter en compétences, comme oléna. « elle ne parlait pas un mot de français. aujourd’hui, elle est à son propre compte » , souligne farida. « l’objectif n’est pas d’en faire des mécaniciennes, mais d’ouvrir leur imaginaire d’avenir » , poursuit-elle. l’opéra angers-nantes, la cité des congrès ou nantes capitale verte sont déjà clients de l’atelier. des créateurs émergents et des jeunes professionnels viennent également confier la réalisation de leurs collections à des mains expertes. car les deux sœurs revendiquent une exigence de qualité : « nous avons le même souci de compétence et d’excellence qu’une entreprise classique. toutes les femmes